Jeune fiché « S » interpellé

Article le Parisien - POLICE DRANCY

Condamné pour détention d’arme – Fiché S


Le tribunal correctionnel de Bobigny vient de condamner en comparution immédiate un jeune de 19 ans à un an de prison avec sursis pour détention d’arme et violence sur ascendant. Le prévenu était jugé mercredi après avoir été interpellé lundi dernier à Drancy. Il s’était réfugié chez sa grand-mère après avoir molesté sa mère.

La veille, dimanche soir, celle-ci, domiciliée dans le centre de Drancy, avait alerté la police pour lui faire part d’une découverte inquiétante. Dans la chambre de son fils, elle était tombée sur les morceaux d’une crosse et d’un canon d’un fusil. Outre ces éléments, la police saisira des livres et un tapis de prière.

La mère avait signalé la dérive radicale de son fils

Cela faisait plusieurs mois que cette mère de famille avait fait part de son inquiétude aux services de police. En juillet, elle les avait avisés de la dérive radicale de son fils et de ses velléités de rejoindre la Syrie. Ce qui lui avait valu d’être fiché S. « Il avait été confié à une cellule de déradicalisation », confie une source policière. Puis, il semblait s’être radouci. « Il avait rasé sa barbe », indique cette même source.

Malgré ces signes plutôt rassurants, sa mère était restée vigilante. La découverte d’une arme en pièces détachées, dans la propre chambre de son fils, lui a donné raison.

« Sa capacité à modifier une arme nous inquiète »

Lundi, à 13 heures, un imposant dispositif policier cernait l’appartement de la grand-mère, dans la cité Gaston Roulaud. Après l’enfoncement de la porte, les forces de l’ordre, ont pu interpeller le suspect qui se trouvait aux côtés de la vieille dame. En contrebas de cet appartement du sixième étage, la police a retrouvé un fusil à canon scié – le complément de l’arme découvert chez sa mère – dont le jeune homme s’était débarrassé.

Placé en garde à vue, ce jeune sans emploi a refusé de s’expliquer sur la provenance d’une telle arme. Connu d’abord pour des petits délits, des dégradations et outrages, il présente selon un enquêteur, davantage le profil « d’un délinquant de droit commun que celui d’un individu radicalisé ». Il ajoute : « l’acquisition de l’arme et sa capacité à la modifier nous inquiètent davantage ».

La condamnation à un an prison avec sursis a été assortie d’une mise à l’épreuve de trois ans et d’un contrôle judiciaire ainsi qu’une obligation de soins.